Internet mobile en Afrique : Madagascar en tête, le Togo crée la surprise devant les géants du continent

Madagascar, Maroc, Togo : le podium africain de la vitesse Internet mobile réserve quelques surprises. Selon des données nPerf portant sur le premier semestre 2026, plusieurs pays francophones se hissent parmi les meilleures performances du continent, tandis que des poids lourds comme l'Afrique du Sud et le Kenya sont relégués plus loin dans le classement.

Aoû 24, 2026 - 19:03
Mis à jour: 3 heures plutôt
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Internet mobile en Afrique : Madagascar en tête, le Togo crée la surprise devant les géants du continent

La course à l'Internet rapide en Afrique est en train de rebattre les cartes. Les pays disposant des économies les plus importantes ou des marchés télécoms les plus connus ne sont pas nécessairement ceux qui offrent aujourd'hui les meilleurs débits mobiles.

D'après des données nPerf basées sur des tests réalisés entre le 1er janvier et le 1er juillet 2026, Madagascar arrive en tête des pays africains considérés avec une vitesse moyenne de téléchargement mobile de 81,9 mégabits par seconde (Mbps). Le Maroc suit avec 73,8 Mbps, tandis que le Togo complète le podium avec une performance de 64,1 Mbps.

Ce podium est d'autant plus intéressant qu'il place trois marchés très différents devant plusieurs grandes puissances économiques du continent.

Le classement montre surtout l'écart important entre les premiers et les derniers du Top 10. Madagascar affiche ainsi une vitesse proche de quatre fois celle relevée au Bénin.

Madagascar, la surprise venue de l'océan Indien

Voir Madagascar au premier rang peut surprendre.

Le pays reste confronté à d'importants défis économiques et infrastructurels, mais ses performances mobiles mesurées par nPerf montrent qu'un niveau de revenu relativement faible n'empêche pas nécessairement d'obtenir des débits élevés lorsque les investissements, les technologies utilisées et la structure du marché sont favorables.

Avec 81,9 Mbps, Madagascar devance le Maroc de plus de 8 Mbps et le Togo de près de 18 Mbps. nPerf a lui-même mis en avant cette performance comme la meilleure du continent parmi les marchés comparés.

Les données nationales publiées par nPerf montrent par ailleurs une forte compétition entre les opérateurs malgaches. Sur la période étudiée dans son baromètre national, Yas obtient les meilleures performances globales devant Orange et Airtel. Le score nPerf ne dépend pas uniquement du téléchargement : il tient également compte de la latence, de la navigation web et du streaming vidéo.

Autrement dit, une connexion rapide sur le papier ne suffit pas. Ce qui compte également est la manière dont elle se comporte dans la vie quotidienne.

Le Maroc confirme son accélération numérique

Deuxième avec 73,8 Mbps, le Maroc confirme sa place parmi les marchés numériques les plus performants du continent.

La différence avec Madagascar reste relativement limitée, mais l'écart devient beaucoup plus important avec les autres pays du classement.

Le Maroc possède également un avantage important : un marché télécom structuré autour de plusieurs grands opérateurs et une modernisation continue de ses infrastructures. Les réseaux de Maroc Telecom, Orange et Inwi sont notamment suivis par nPerf dans ses mesures nationales.

Au-delà du simple débit, le Maroc s'est également distingué dans les mesures de performance de navigation mobile rapportées avec les données nPerf du premier semestre 2026.

Le Togo, véritable surprise du classement

Mais pour l'Afrique de l'Ouest, le résultat le plus spectaculaire est probablement celui du Togo.

Avec 64,1 Mbps, le pays se classe troisième du continent et devance nettement le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Kenya et même l'Afrique du Sud dans ce classement.

C'est une performance particulièrement remarquable compte tenu de la taille du marché togolais.

Le pays investit depuis plusieurs années dans l'amélioration de ses infrastructures de télécommunications, notamment à travers le déploiement de la 4G et de la fibre optique.

Cette progression montre qu'un petit marché peut obtenir d'excellentes performances lorsque les investissements dans les infrastructures, les fréquences, la densification des réseaux et la concurrence entre opérateurs produisent leurs effets.

Pour Lomé, le numérique est également devenu un enjeu économique : services financiers, commerce électronique, administration numérique, entreprises technologiques et usages professionnels dépendent de plus en plus de connexions fiables et rapides.

L'Algérie au pied du podium

Avec 40,9 Mbps, l'Algérie occupe la quatrième position.

L'écart avec le Togo est cependant important : plus de 23 Mbps séparent les deux pays dans cette série de mesures.

L'Algérie est néanmoins l'un des marchés africains dont l'évolution mérite d'être surveillée, notamment en raison de l'accélération des investissements dans les infrastructures fixes et mobiles et du développement de nouvelles générations de réseaux.

Tunisie et Sénégal dans le groupe de tête

La Tunisie arrive cinquième avec 34,6 Mbps, suivie du Sénégal à 33,3 Mbps.

Pour le Sénégal, cette sixième place constitue une performance notable en Afrique de l'Ouest.

Dakar dispose depuis plusieurs années d'un écosystème numérique relativement développé, avec une forte utilisation de l'Internet mobile et une importance croissante des services digitaux dans la finance, les médias, les transports et le commerce.

L'écart avec le Togo demeure néanmoins spectaculaire : environ 31 Mbps séparent les deux pays dans les mesures nPerf.

L'Afrique du Sud seulement septième

C'est probablement l'une des principales surprises.

L'Afrique du Sud, qui possède l'un des marchés télécoms les plus développés du continent et plusieurs réseaux 5G commerciaux, n'arrive qu'en septième position avec 31,4 Mbps dans ce classement.

Cela rappelle qu'un réseau technologiquement avancé ne garantit pas automatiquement la meilleure moyenne nationale.

La densité de population, la saturation des réseaux, les équipements utilisés, les forfaits disponibles, la couverture rurale et les différences entre opérateurs peuvent avoir un impact important sur les résultats mesurés par les utilisateurs.

Côte d'Ivoire, Kenya et Bénin ferment le Top 10

La Côte d'Ivoire se classe huitième avec 26,3 Mbps, devant le Kenya, à 23,4 Mbps, et le Bénin à 21 Mbps.

Pour Abidjan comme pour Cotonou, les enjeux sont considérables.

Une amélioration des réseaux mobiles influence directement le développement du mobile money, du commerce électronique, des plateformes vidéo, de la formation à distance et de toute l'économie numérique.

Le Kenya, pourtant mondialement connu pour son écosystème technologique et ses innovations dans le paiement mobile, n'occupe que la neuvième place de cette comparaison. Une nouvelle démonstration du fait que leadership technologique et vitesse brute de connexion ne sont pas synonymes.

L'Afrique francophone étonnamment bien représentée

Autre enseignement majeur : les pays francophones ou largement francophones dominent une grande partie du haut du classement.

Madagascar, Maroc, Togo, Algérie, Tunisie, Sénégal, Côte d'Ivoire et Bénin occupent huit des dix premières positions de cette sélection.

Cette concentration constitue un signal intéressant pour l'économie numérique francophone africaine.

Pendant longtemps, les discussions sur la technologie en Afrique ont principalement tourné autour de l'Afrique du Sud, du Nigeria, du Kenya et de l'Égypte. Le développement des infrastructures au Maghreb et en Afrique francophone de l'Ouest pourrait progressivement modifier cette perception.

Que signifie réellement un débit de 80 Mbps ?

À plus de 80 Mbps, de nombreux usages deviennent confortables : streaming vidéo en haute définition, visioconférence, téléchargement de fichiers volumineux, jeux en ligne, sauvegarde dans le cloud ou encore utilisation de services professionnels à distance.

nPerf rappelle cependant que le débit descendant n'est qu'un élément de l'expérience Internet.

Ses évaluations complètes prennent aussi en compte le débit montant, la latence, la navigation web et le streaming vidéo. Les tests sont effectués par des utilisateurs réels et nPerf applique ensuite des traitements destinés à éliminer notamment les tests répétitifs ou considérés comme non fiables.

Un classement à interpréter avec prudence

Il serait néanmoins erroné de conclure que Madagascar possède automatiquement « le meilleur Internet d'Afrique » dans toutes les situations.

Les résultats présentés ici concernent la vitesse moyenne de téléchargement mobile mesurée par nPerf sur la période considérée et les pays figurant dans cette comparaison.

Ils ne mesurent pas directement plusieurs éléments essentiels :

  • le prix d'un gigaoctet de données ;
  • la couverture réelle de toute la population ;
  • les disparités entre villes et campagnes ;
  • la qualité de la fibre fixe ;
  • la proportion de personnes ayant accès à Internet ;
  • la stabilité des connexions ;
  • ni le pouvoir d'achat nécessaire pour utiliser régulièrement les services numériques.

Un pays peut donc avoir un réseau très rapide dans les zones couvertes tout en conservant une importante fracture numérique.

La bataille africaine du haut débit ne fait que commencer

Avec la généralisation progressive de la fibre, l'extension de la 4G et la montée en puissance de la 5G, ce classement pourrait changer rapidement.

L'Union internationale des télécommunications travaille d'ailleurs avec plusieurs régulateurs africains sur des systèmes de cartographie du haut débit destinés à mieux identifier les zones insuffisamment couvertes. Le programme Africa-BB-Maps concerne notamment le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Nigeria, l'Ouganda, la Zambie et plusieurs autres pays d'Afrique subsaharienne.

La prochaine bataille ne sera donc probablement pas seulement celle de la vitesse.

Elle portera sur une question encore plus importante : combien d'Africains pourront réellement accéder à ces connexions rapides, à quel prix et sur quelle partie du territoire ?

Et sur ce terrain, le classement pourrait être très différent.


À retenir

Madagascar : 81,9 Mbps — 1er
Maroc : 73,8 Mbps — 2e
Togo : 64,1 Mbps — 3e
Algérie : 40,9 Mbps — 4e
Tunisie : 34,6 Mbps — 5e
Sénégal : 33,3 Mbps — 6e
Afrique du Sud : 31,4 Mbps — 7e
Côte d'Ivoire : 26,3 Mbps — 8e
Kenya : 23,4 Mbps — 9e
Bénin : 21 Mbps — 10e

Source principale : nPerf, tests réalisés du 1er janvier au 1er juillet 2026.

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