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Une nouvelle affaire impliquant un professionnel des médias suscite l’inquiétude au Togo. Roland Yaovi Kodjo, reporter travaillant pour TAMPA TV et Tampa Express, affirme avoir été victime d’un enlèvement le samedi 5 septembre 2026 à Guérin-Kouka, dans la préfecture de Dankpen, alors qu’il assurait la couverture de D’Pontre/N’nidak, une fête traditionnelle des Bassar-Konkomba. Le récit de l’incident a été rendu public par le Patronat de la Presse Togolaise (PPT), avant d’être repris par le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT). À ce stade, les circonstances exactes de l’affaire et l’identité des auteurs n’ont pas été établies par une enquête judiciaire publique. Intercepté pendant son reportage Selon le témoignage rapporté par le PPT, Roland Yaovi Kodjo se trouvait à Guérin-Kouka lorsqu’il aurait été intercepté par plusieurs individus en civil. Le journaliste affirme qu’un des hommes portait une tenue de police. Il aurait ensuite été forcé à monter dans un véhi
Une nouvelle affaire impliquant un professionnel des médias suscite l’inquiétude au Togo.
Roland Yaovi Kodjo, reporter travaillant pour TAMPA TV et Tampa Express, affirme avoir été victime d’un enlèvement le samedi 5 septembre 2026 à Guérin-Kouka, dans la préfecture de Dankpen, alors qu’il assurait la couverture de D’Pontre/N’nidak, une fête traditionnelle des Bassar-Konkomba.
Le récit de l’incident a été rendu public par le Patronat de la Presse Togolaise (PPT), avant d’être repris par le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT).
À ce stade, les circonstances exactes de l’affaire et l’identité des auteurs n’ont pas été établies par une enquête judiciaire publique.
Intercepté pendant son reportage
Selon le témoignage rapporté par le PPT, Roland Yaovi Kodjo se trouvait à Guérin-Kouka lorsqu’il aurait été intercepté par plusieurs individus en civil.
Le journaliste affirme qu’un des hommes portait une tenue de police.
Il aurait ensuite été forcé à monter dans un véhicule banalisé de type Toyota Prado. Ses agresseurs lui auraient menotté les mains dans le dos et bandé les yeux avant de quitter rapidement les lieux.
D’après le même récit, le véhicule aurait parcouru plus de 55 kilomètres.
Pendant le trajet, Roland Yaovi Kodjo affirme avoir subi des violences.
Il aurait ensuite été abandonné seul en pleine brousse, toujours les yeux bandés.
« Ils se seraient trompés de personne »
L’un des éléments les plus troublants du dossier concerne le mobile supposé de l’opération.
Selon le récit relayé par le SYNJIT, les hommes qui avaient intercepté le journaliste auraient finalement indiqué qu’ils s’étaient trompés de personne.
La personne initialement recherchée aurait été Francisco Kossi Gbandi Napo-Koura, directeur de publication de Tampa Express et promoteur de TAMPA TV.
Cette affirmation est particulièrement grave.
Elle pourrait signifier que l’opération ne visait pas un individu au hasard, mais une personnalité identifiée du secteur de la presse.
Cependant, aucune enquête officielle rendue publique ne permet pour l’instant de confirmer cette version ni d’établir l’identité ou l’appartenance des auteurs.
Le PPT demande une enquête immédiate
Dans un communiqué publié le 8 septembre, le Patronat de la Presse Togolaise a exprimé sa « profonde indignation ».
L’organisation professionnelle considère les faits rapportés comme une atteinte particulièrement grave à la sécurité des journalistes et réclame aux autorités l’ouverture immédiate d’une enquête permettant d’identifier les responsables.
Le PPT insiste notamment sur la nécessité de déterminer qui étaient les personnes ayant participé à l’opération et dans quelles circonstances le journaliste a pu être déplacé sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Le SYNJIT monte à son tour au créneau
Le Syndicat des journalistes indépendants du Togo a également réagi.
Dans un communiqué rendu public le 8 septembre et relayé le lendemain, le syndicat condamne ce qu’il qualifie de méthodes incompatibles avec un État de droit et demande lui aussi une enquête rapide.
Pour les organisations professionnelles, l’affaire pose une question qui dépasse le seul cas Roland Yaovi Kodjo : les journalistes togolais peuvent-ils exercer leur métier en toute sécurité, notamment lorsqu’ils travaillent en dehors de Lomé ou sur des sujets sensibles ?
La présence supposée d’un homme en uniforme soulève des questions
Le détail selon lequel l’un des individus aurait porté une tenue de police est particulièrement sensible.
Mais il doit être traité avec prudence.
Un uniforme ou une tenue ressemblant à celle des forces de sécurité ne permet pas, à lui seul, d’établir qu’un agent de l’État était effectivement impliqué.
Aucune déclaration officielle connue à ce stade ne confirme qu’un policier togolais aurait participé à l’incident.
C’est précisément l’une des questions auxquelles une enquête indépendante devrait répondre.
Qui étaient les hommes présents ?
Le véhicule utilisé était-il identifiable ?
L’un d’eux appartenait-il réellement aux forces de sécurité ?
Et surtout, pourquoi le directeur de Tampa Express aurait-il été la cible présumée ?
Un climat déjà tendu autour des médias
L’affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la presse au Togo.
Quelques semaines plus tôt, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais Fred Vedomey, avaient été arrêtés dans le nord du pays alors qu’ils travaillaient sur un documentaire.
Après plusieurs semaines de procédure, les trois hommes ont finalement obtenu leur remise en liberté, même si le dossier judiciaire n’a pas été officiellement clos.
Cette succession d’affaires alimente donc les interrogations des organisations professionnelles concernant les conditions de travail des médias dans certaines zones du pays.
Il faut néanmoins éviter tout raccourci : aucun élément ne permet actuellement d’établir un lien direct entre les deux dossiers.
Guérin-Kouka, loin des zones habituelles de couverture médiatique
Guérin-Kouka se situe dans le nord du Togo, dans la préfecture de Dankpen.
La localité n’est pas au cœur de la capitale politique et médiatique du pays.
Cela rend la question de la protection des reporters en déplacement particulièrement importante.
Dans de nombreuses régions, les journalistes travaillent avec des moyens limités et peuvent se retrouver seuls lorsqu’un incident survient.
L’affaire Roland Yaovi Kodjo montre ainsi que la question de la sécurité de la presse ne se limite pas aux rédactions de Lomé.
Pourquoi Tampa Express aurait-il été visé ?
Pour l’instant, il n’existe aucune réponse certaine.
Le média est connu pour publier des informations et commentaires sur la vie politique et publique togolaise.
Certains médias critiques du pouvoir ont déjà fait état, ces dernières années, de pressions administratives, judiciaires ou politiques.
Mais cela ne permet pas de conclure que l’incident de Guérin-Kouka aurait été commandité pour des raisons politiques.
La seule information disponible à ce stade est celle rapportée par le journaliste : ses ravisseurs auraient déclaré qu’ils visaient quelqu’un d’autre appartenant au même média.
Ce point rend l’affaire suffisamment sérieuse pour exiger une investigation approfondie.
Une enquête officielle devient indispensable
Les organisations de presse ont donc raison sur un point fondamental : sans enquête, les spéculations vont inévitablement se multiplier.
Le risque serait alors de voir circuler deux récits opposés.
D’un côté, ceux qui considèrent déjà l’incident comme une opération politique dirigée contre la presse.
De l’autre, ceux qui pourraient le présenter comme une affaire criminelle sans lien avec l’activité journalistique.
Pour sortir de cette bataille de récits, il faudra des faits.
Une enquête devrait notamment tenter d’identifier le véhicule utilisé, les personnes présentes, l’itinéraire emprunté et les éventuelles communications téléphoniques liées à l’affaire.
Une question de crédibilité pour les autorités
Pour les autorités togolaises, le dossier représente également un enjeu de crédibilité.
Si les faits relatés sont confirmés, il s’agirait d’une grave atteinte à la sécurité d’un professionnel des médias.
Si un membre des forces de sécurité était effectivement impliqué, comme pourrait le laisser penser le témoignage concernant la tenue portée par l’un des hommes, les implications seraient encore plus importantes.
À l’inverse, si l’enquête établissait qu’il s’agissait d’acteurs privés ou criminels sans lien avec l’État, cette clarification serait tout aussi essentielle.
Dans les deux cas, le silence prolongé alimenterait davantage les suspicions.
L’enjeu dépasse Roland Yaovi Kodjo
Aujourd’hui, Roland Yaovi Kodjo est libre.
Mais l’affaire qu’il décrit reste particulièrement inquiétante.
Un journaliste affirme avoir été intercepté en plein reportage, menotté, violenté, transporté sur plusieurs dizaines de kilomètres puis abandonné.
Et selon son témoignage, les hommes qui l’avaient capturé auraient en réalité voulu s’en prendre à son responsable de média.
Ces accusations sont suffisamment graves pour ne pas être banalisées.
Elles sont aussi suffisamment sensibles pour ne pas être présentées comme définitivement établies sans enquête.
La prochaine étape est donc désormais entre les mains des autorités togolaises.
Une investigation rapide, transparente et crédible apparaît comme le seul moyen de déterminer ce qui s’est réellement passé le 5 septembre à Guérin-Kouka et d’identifier ceux qui en portent la responsabilité.
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